Le pont brisé

 

Un soir d’été, après un court séjour, deux moines bouddhistes rentrent au monastère. Ils empruntent un chemin qu’ils connaissent bien, quand, arrivés à la rivière, ils constatent que le petit pont qu’ils ont l’habitude de traverser est détruit.

Une très jolie jeune fille se tient debout, désemparée, à l’ endroit où se trouvait le pont.

Le plus âgé des deux moines propose à la séduisante jeune femme de la porter pour lui faire traverser le cours d’eau sans se mouiller. Elle accepte avec gratitude, et, une fois déposée sur l’autre rive, le remercie d’un sourire et s’en va.

Les deux moines reprennent leur chemin silencieusement.

Après un certain temps, n’y tenant plus, le plus jeune des deux moines demande à l’autre :

« Frère, est-ce que vous ignorez la règle qui nous interdit tout contact et tout commerce avec les femmes ? » Le vieux moine ne répond pas et continue paisiblement son chemin.

Mais le jeune moine insiste, il ne veut pas en rester là ! :

«  Comment avez-vous osé prendre dans vos bras une jeune et jolie femme ? »

Le vieux moine interrompt  alors sa marche et regarde son compagnon avec surprise : « Comment se fait-il que vous ressentiez encore le poids de cette femme, il y a pourtant longtemps que nous l’avons quittée ? »

Quelle morale tirez-vous de cette histoire ?

Publicités

La vague

 

<< Je me sens triste ! » dit une vague de l’océan en constatant que les autres vagues étaient plus grandes qu’elle. « Les vagues sont si grandes, si vigoureuses, et moi je suis si petite, si chétive. »

Une autre vague lui répondit : « Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature. »

« Ne suis-je donc pas une vague ? »

« La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu es l’eau. »

« L’eau ? »

« Oui. Si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra. »

Avoir à l’esprit que l’humanité fait partie d’un ensemble est important. Car l’être humain se considère souvent comme le centre des choses en s’arrogeant des droits particuliers qui n’ont pas de raison d’être. Ainsi il ne voit que chez son prochain ce qu’il n’a pas, sans voir ce qu’il a déjà, et se cause les plus inutiles soucis.>>

Quelle morale tirez-vous de cette histoire ?

Le fantôme de l’épouse

 Une jeune femme tomba malade et, à l’agonie dit à son mari : «  Je t’aime tant, je ne veux pas te quitter. Ne m’abandonne pas pour une autre femme ou mon fantôme viendra te hanter. »
Elle ne tarda pas à mourir et le mari respecta son dernier vœu pendant trois mois.

Mais il fut ensuite amoureux d’une autre femme et se fiança.

Un fantôme apparut alors toutes les nuits pour lui reprocher de ne pas avoir tenu sa promesse.
Ce fantôme était particulièrement intelligent. Il répétait à l’homme tout ce qui se passait entre sa fiancée et lui. A chaque fois que le fiancé offrait à sa bien aimée un présent, le spectre en faisait une description détaillée. Il répétait même les conversations et importunait l’homme à un tel point qu’il ne pouvait dormir.

A bout de force, il se résolut à aller voir un maître Zen pour lui demander de l’aide. « Ta première femme est devenue un fantôme et connaît tous tes faits et gestes, résuma le maître, ce doit être un fantôme très intelligent. Tu devrais l’admirer. A sa prochaine apparition, propose-lui un marché ; dis-lui que, puisque tu ne peux rien lui cacher, tu vas rompre tes fiançailles et demeurer célibataire, à condition qu’il réponde à une question. »

« Quelle question ? » dit l’homme.

« Prends une grande poignée de riz et demande-lui combien il y en a.  S’il ne peut répondre à cette question, tu sauras alors que ce spectre est issu de ton imagination, et il cessera alors de te hanter. »

La nuit suivante, lorsque le fantôme apparut, le mari le félicita de savoir tant de choses.

« Oui je sais même que tu es allé voir un maître Zen aujourd’hui. »
« Puisque tu es si fort, dis-moi combien il y a de grains de riz dans ma main », demanda l’homme.
La question resta sans réponse.
Le fantôme avait disparu.

 Quelle morale tirez-vous de cette histoire ?