La vague

 

<< Je me sens triste ! » dit une vague de l’océan en constatant que les autres vagues étaient plus grandes qu’elle. « Les vagues sont si grandes, si vigoureuses, et moi je suis si petite, si chétive. »

Une autre vague lui répondit : « Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature. »

« Ne suis-je donc pas une vague ? »

« La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu es l’eau. »

« L’eau ? »

« Oui. Si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra. »

Avoir à l’esprit que l’humanité fait partie d’un ensemble est important. Car l’être humain se considère souvent comme le centre des choses en s’arrogeant des droits particuliers qui n’ont pas de raison d’être. Ainsi il ne voit que chez son prochain ce qu’il n’a pas, sans voir ce qu’il a déjà, et se cause les plus inutiles soucis.>>

Quelle morale tirez-vous de cette histoire ?

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17 réflexions sur “La vague

  1. Salut,

    J’aime bien ce type d’histoire même si je peux les trouver fausses dans leur aspect concret notamment quand on prend la dernière phrase : « Ainsi il ne voit que chez son prochain ce qu’il n’a pas, sans voir ce qu’il a déjà, et se cause les plus inutiles soucis. ». En lisant cela on se dit donc que le soucis est inutile donc il n’est pas question d’y songer. Pourquoi y songeons-nous alors ? Masochisme ? Non.

    Imaginons cela : je suis d’une parfaite laideur et les autres sont donc toujours et forcément plus beau que moi.

    Ici le texte nous dirait de se dire que nous avons, comme les vagues une nature commune faite d’eau, ici une nature commune, la nature humaine. Magnifique ! Mais concrètement ? Concrètement les autres se reproduiront et goûteront au plaisir charnels pendant que nous resterons affectivement seul, quand bien même notre intelligence nous amène à considérer la question d’une telle façon que nous n’en éprouverions pas de colères etc.
    Seulement l’humain a un besoin si profond d’affection qu’un nouveau-né sans affection mourra assurément ( c’est pour cela que l’État a créé l’instinct maternelle ).
    Donc, le nouveau-né, s’il était pourvu de parole et d’une intelligence supérieure à celle qui est censée l’animer se révolterait contre cet état de fait… et il aurait raison ! Car dans sa condition, il mourra s’il n’en fait rien et nous ne pouvons appeler la révolte face à une mort qui arrivera sûrement comme un « souci inutile » !

    Peut-être que de sa révolte et de son intelligence naîtra une soif de compenser sa laideur, pourquoi pas, par la plume ou la science, peut-être deviendra-t-il poète avec une écriture si envoûtante qu’il arrivera, à force de persévérance et de travail, à obtenir ce que sa nature humaine ne lui a manifestement pas donné car à quoi bon servirait à un homme un savoir si, dans certain aspect de la vie, le savoir unique et non partagé ne peut produire d’effets positifs ? C’est comme si l’inventeur de la lumière électrique avait gardé son invention dans sa tête, à quoi cela nous aurait-il concrètement servit ? À rien ! La nature elle-même ne se suffit pas car la nature est ce qu’elle est et elle est aussi ce par quoi elle se manifeste et c’est bien sur cette dernière idée que le texte se contredit ! D’autant qu’il est possible, fruit du suprême paradoxe, le savoir acquis pour écrire ce texte a peut-être été acquis par compensation d’une nature humaine, décidément, ne se suffisant pas à elle-même…

    • Très intéressant ce que tu exposes là La Kapsule… La nature de ce dilemme est je crois trop profonde pour que je puisse répondre quoi que ce soit qui puisse aller contre ou dans ton sens. Mais je peux néanmoins dire une chose : j’ai souvent une impression en lisant des contes zen. Ils sont résolument optimistes, pour la plupart, c’est certain, mais bien souvent, quand on s’arrête un moment sur la morale, on peut y trouver une énorme contradiction, un « mais », comme tu l’as fait. Je crois qu’en réalité, il faut juste se contenter parfois d’une lecture superficielle, ne pas trop réfléchir, simplement histoire de se gorger de la pensée positive que délivre le texte. En somme, La Kapsule, je te connais un peu désormais, aussi je peux te dire : mets ton cerveau en veille, de temps en temps, tu t’épargnera bien des tortures, ou encore « les plus inutiles soucis » :P

    • J’ajoute cependant que ton exposé est extrêmement intéressant et que je suis impressionnée d’une réflexion aussi poussée. Si tu mettais ton cerveau en veille, pas sûr que tu nous pondrais toujours des choses pareilles…en somme : merci pour ton intervention ! :)

      • Je t’ai un peu taquinée ! :) D’autant que mettant des contes zen sur mon blog, adorant ça… Il y a différentes lectures de ces contes, et comme tu le dis il faut savoir les apprécier comme ils sont sans les analyser, sinon, assurément, on passera à côté de ce qu’ils ont à nous apprendre, à nous enseigner et à nous dire. :)

    • Je ne suis d’accord ni avec toi, ni avec Opale. La laideur est un soucis parce que tu t’attache à l’apparent. La beauté d’une personne est dans ce qu’elle dégage, et pas dans ce que je vois. Il y a des personnes qui ne sont pas considérées comme « belles », pas conforme à l’image que la société nous impose d’avoir, et qui pourtant sont véritablement belles, elles rayonnent et dégagent quelque chose de formidable. J’en connais, et tu en connais sans doute aussi, mais peut être que tu ne les vois pas telles qu’elles sont réellement parce que… tu t’attache à l’apparent.

      Opale, je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis qu’il faut se contenter d’une lecture superficielle. Au contraire, ces contes sont fait pour être des supports de réflexion plus profonde et de méditation. S’il y a contradiction, c’est pour deux raisons: déstabiliser ton égo (ça rejoint le principe du Koan Zen, que tu connais probablement), et parce que le sens réel et ultime du message n’est pas totalement compris, soit parce que l’égo est trop présent, soit parce que nous ne sommes pas encore assez débarrassé de nos voiles d’ignorance pour en saisir toute la subtilité (ce qui en soit revient au même de toute façon, les voiles étant l’égo). Il ne faut pas non plus oublier que parfois, une chose est son contraire, et les deux peuvent exister. Le Bouddhisme est plein de contradiction, et ce n’est certainement pas un hasard :)

      • Merci Elya d’avoir donné ton avis, c’est très intéressant! :) Merci aussi d’avoir rappelé cette notion de contradiction, une chose et son contraire qui peuvent cohabiter au sein d’une même idée. Une fois de plus j’aurais mieux fait de préciser l’idée que je voulais exprimer, bien sûr je ne pense pas qu’on ne doive se contenter d’une lecture superficielle des contes zen, sinon on en perd le majeur intérêt ! Mais je pense que tu as compris pourquoi j’ai dit ça à la Kapsule :)

      • Le problème c’est que tu n’as pas lu ce que j’ai écrit puisque tu ne me contredis en rien, donc je ne sais pas trop quoi te répondre.

      • Mon but n’est pas de te contredire, tu as le droit d’avoir ta propre opinion et elle n’est pas moins bonne que la mienne :) J’ai seulement d’apporté mon avis et de nuancé ce qui a déjà été dit. La contradiction ne mène qu’à un débat stérile sur « qui a raison, qui a tord » et ne fait pas souvent avancer la réflexion… Belle soirée à tous les deux!

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