La métaphore de la route ~ Andy Puddicombe

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de laisser passer ses pensées, ici par exemple. Cependant j’admets que pour certains, l’idée peut demeurer assez floue, et c’est légitime. Vous serez tentés de croire que je suis payée pour faire de la pub à certains auteurs, mais que nenni  (et pourtant j’aimerais beaucoup): pourtant je vais à nouveau vous parler d’Andy Puddicombe et de son excellent Cours de méditation en citant un passage dans lequel il nous raconte quelle métaphore son professeur de méditation a utilisée pour l’aider à laisser passer ses pensées.

<< Il a commencé par me demander de m’imaginer assis au bord d’une route très passante, les yeux bandés. « Vous entendez peut-être un bruit de fond, les voitures qui passent, mais vous ne pouvez pas les voir car vous avez un bandeau sur les yeux, d’accord ? »
Je me suis imaginé assis dans l’herbe sur le bord d’une autoroute et j’ai acquiescé en hochant la tête.
Il poursuivit : « Avant de commencer à méditer, il se peut que vous ayez une sensation similaire. Avec tout ce bruit de fond dans votre esprit, toutes ces pensées, quand vous vous asseyez pour vous détendre ou quand vous vous couchez, vous avez l’impression que ce bruit continue. » Il était difficile de ne pas être d’accord, car je ressentais en effet ces bruits de fond ou cette agitation incessante dans mon esprit, même quand je n’étais pas conscient de chaque pensée prise individuellement.
« Maintenant, imaginez que vous retirez le bandeau. Vous voyez clairement la route, votre esprit, pour la première fois. Vous voyez les voitures qui filent, leurs différentes couleurs, formes et tailles. Parfois, le bruit produit par une voiture vous attire, d’autres fois c’est son apparence C’est ce qui se produit la première fois que vous retirez le bandeau. »
Il se mit à rire doucement « Vous savez, c’est souvent à ce stade que les gens qui apprennent la méditation disent des choses très amusantes. Ils disent que c’est à cause de la méditation que ces pensées et sentiments apparaissent. Vous rendez-vous compte ? », me dit-il d’un air moqueur. « Ils viennent me voir et me disent ; « Je ne sais pas ce qui se passe ni d’où viennent toutes ces pensées. D’habitude, je ne pense pas autant, cela doit être la méditation qui me fait penser tout le temps. » Ils croient que la méditation fait en quelque sorte empirer la situation. »
Il reprit son sérieux pour reprendre le fil de sa démonstration.
« Alors, la première chose à bien comprendre est que la méditation ne vous fait pas penser ! Tout ce qu’elle fait, c’est qu’elle éclaire vivement votre esprit pour que vous le voyiez plus clairement. Cette lumière vive est la conscience. Vous n’aimerez peut-être pas ce que vous voyez quand la lumière est allumée, mais c’est le reflet clair et précis de la manière dont votre esprit se comporte au quotidien. »
[…] « C’est à cela que l’esprit ressemble au départ, m’a-t-il dit doucement. Pas seulement le vôtre, tous les esprits. C’est pour cela qu’il est important de l’entraîner. Quand vous le voyez si confus, il est très difficile de savoir quoi faire avec. Pour certaines personnes, il est même difficile de ne pas paniquer. Certaines personnes essaient parfois d’arrêter les pensées par la force. D’autres fois, elles essaient de les ignorer, de penser à quelque chose d’autre. Ou alors, si ces pensées sont vraiment intéressantes, elles les encouragent et s’y impliquent. Mais toutes ces tactiques ne sont qu’un moyen d’essayer d’éviter la réalité. Pour en revenir à l’image de l’autoroute, c’est comme si vous vous leviez et fonciez vers les voitures pour essayer de contrôler la circulation. » Il fit une pause, puis ajouta en riant : « C’est une stratégie plutôt risquée ! »
[…] Mon professeur a poursuivi en me faisant une suggestion : « J’ai une idée. Plutôt que de vous lancer dans le trafic pour essayer de tout contrôler, pourquoi ne pas essayer de rester où vous êtes pendant quelques instants ? Que se passerait-il ? Que se passe t-il si vous restez sur le côté et regardez les voitures passer ? C’est peut-être une heure de pointe, et la route est bien encombrée. Ou alors c’est le milieu de la nuit, il n’y a que quelques voitures qui passent de temps à autre. Peu importe. L’objectif, c’est que vous vous habituiez à « rester à votre place » sur le côté de la route et à regarder la circulation. » >>

Pourquoi ne pas essayer ?

Publicités

9 réflexions sur “La métaphore de la route ~ Andy Puddicombe

  1. Trop bien ! Je ressens cela comme ça aussi. Parfois je me laisse tenter par une pensée, donc par une voiture, le bruit, sa couleur etc., et je reviens à un état d’observateur et puis parfois encore je regarder encore une voiture… pas évident ! Mais il m’est arrivé, quand je méditais plus, d’oublier jusqu’au fait que je méditais. Je ne saurais pas d’écrire ce que je ressentais.

    Merci. :)

  2. Je n’ai pas le sentiment d’être idiote (enfin pas trop) et cet exercice d’évacuation des pensées est pour moi l’un des plus difficiles à pratiquer, bien que je me sente un peu « installée » dans une certaine pratique, je lutte encore contre mes pensées, souvent parasites.

  3. ouah je découvre ton blog et l’énergie qui se dégage ici me plaît beaucoup…18 ans à peine et je devine déjà une belle âme éclairée ….merci de partager ainsi ta lumière et tes découvertes !!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s