Ici et maintenant ~ Jôshin Luce Bachoux

Un petit texte sur ici et maintenant trouvé sur Internet : l’auteure en est Jôshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste.

«Je n’en peux plus, tu sais!»

L’accent de Marseille chante, mais la voix est lasse.

«L’an dernier c’était mon fils, cette année ma fille, sans compter les problèmes
retourne tout ça! Toute la famille est dans une situation difficile.»

Odette a perdu le sourire qui l’avait jusqu’alors aidée à traverser la vie.

Je la connais depuis vingt ans. J’aime son courage et son humour. Elle est
chrétienne et nous avons souvent parlé de nos engagements respectifs.

«Alors, continue-t-elle, toi qui es bouddhiste, donne-moi un conseil, quelque
chose qui m’aide.»

Je regarde son visage fatigué.

«Ici et maintenant, voilà.»

«Ici et maintenant? Qu’est-ce que tu veux dire?»

«Vois-tu, sur les problèmes réels, nous rajoutons notre souci: nous nous
racontons des histoires sur les catastrophes qui vont arriver, nous construisons
des scénarios basés sur notre peur. Le jour, la nuit, notre esprit s’agite et nous
ne trouvons plus de repos. Au bout du compte, on embrouille tout, il n’y a plus
d¹espace dans notre tête, c¹est pourquoi il faut revenir à ici et maintenant.

Essaye: deux ou trois fois par jour, tu t’assois sur une chaise. Tu te poses, sans
t’effondrer, mais pas non plus assise à moitié. Tu prends le temps de respirer,
naturellement, doucement. Tu es ici et maintenant. Ne t’inquiète pas si des
dizaines de pensées déboulent, n’essaie pas de les faire partir. Reste assise
tranquillement, ici et maintenant.

 Dans le bouddhisme, les sages comparent notre esprit à un cheval sauvage. Il
flâne ici et là, puis brusquement fait volte-face et part au galop pour s’arrêter
soudain, s’immobiliser, et repartir. Nos inquiétudes nous emmènent souvent au
grand galop, et nous nous perdons de vue nous-mêmes.

Ici et maintenant, c’est calmer ce cheval sauvage. Qu’on l’appelle méditation ou
relaxation,  »Samadhi en Inde »,  »zazen au Japon », peu importe! L’important est de
prendre quelques instants pour se retrouver soi-même au milieu de l’agitation du
quotidien. J’ai envie de dire: refaire connaissance avec soi-même. Il faut s’accueillir
soi-même comme on accueillerait un invité.

Quelques instants pour soi dans la journée, ce n’est pas une action égoïste. Nous
savons bien que les jours où nous nous levons de mauvaise humeur, cela va se
propager et la journée risque de devenir épouvantable si nous ne faisons pas un
effort pour changer! Et lorsque notre corps et notre esprit sont tranquilles, ce calme
touche également les autres et aide à dénouer des situations tendues ou difficiles.
Mais on ne peut pas décréter: «D’accord, je suis calme!» Ça ne marche pas comme
ça. Ce ne sont pas nos mots que les autres perçoivent mais directement notre état
d’esprit.»

Depuis, je reçois régulièrement des coups de téléphone d’Odette:

«Tu sais, ça marche! Quand quelque chose me tombe sur la tête, je m’assois, et je
me dis:  »Ici et maintenant. » D’ailleurs, je le fais chaque jour, même quand tout va
bien. On ne peut pas croire qu’une si petite chose ait de si grands effets. Oui, revenir
à soi-même, respirer, lâcher les pensées qui tournent en tous sens, apprécier le goût
de  »Ici et maintenant », c’est une grande découverte si simple…»

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Une réflexion sur “Ici et maintenant ~ Jôshin Luce Bachoux

  1. Pingback: « Je goûte maintenant l’heure ineffable.  (Johann Wolfgang von Goethe) | «ZEM apprenti Maître Zen

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