La loi du karma ~ Daniel BukohoTen

On peut difficilement adhérer au bouddhisme si on n ’a pas compris la loi du karma. On en a une notion assez vague vu de l ’occident. La plupart y voit une sorte de fatalité, une épée de Damoclès suspendue sur nos têtes. D.T. SUZUKI s ’est élevé dès 1907 dans un livre sur le Bouddhisme Mahayana contre ceux qui croient connaître le dharma et donne une telle notion du karma. Ce pseudo-bouddhisme est utilisé, dit-il, pour ignorer le racisme, les inégalités sociales, l ’exploitation économique des plus faibles, l’esclavagisme, l ’abus d ’enfant et tous les crimes contre l ’humanité.

La notion du karma est antérieure au Bouddha historique. On la trouve dans les Upanishad 250 ans avant lui (800 Avant JC). En Inde le karma est utilisé pour accepter les différences entre les gens dans différentes castes. Puisque vous êtes nés dans telle caste vous êtes voués à subir tel ou tel attribut, tel ou tel désagrément. Le Bouddha s ’est élevé contre le système des castes et aujourd ’hui son enseignement a pratiquement disparu d ’Inde. Il avait une notion différente du karma.  Dans sa compréhension du monde le karma n ’est pas la seule force qui affecte l ’Univers, il y en a quatre autres :

Le karma (karma Niyama)
La loi de la nature (dharma Niyama)
Les saisons et le changement climatique (Irthu Niyama)
L ’héritage génétique (Biija Niyama)
la volonté, la conscience de l ’esprit (Chitta Niyama)

Ce que nous sommes aujourd’hui dépend de ces cinq facteurs. Ici on retrouve toute la force de la conception du Bouddha. Le monde actuel est un monde de contraintes fortes liées  au deuxième, troisième et quatrième forces : la nature (Tsunamis, cyclones, accidents nucléaires, biodiversité…), le changement climatique, les crises sociales, les problèmes physiques et psychiques liés à nos gènes et aux mutations, aux OGM.  La cinquième force c ’est la volonté qui dirige nos actes avec nos caractéristiques (conscience morale, psychologie, conditionnement). Nous pouvons changer notre destinée par nous-même, par notre volonté d ’agir. Ici intervient le libre-arbitre. On n ’est pas obligé de subir, on se doit de réagir quand il le faut, quand on peut (les japonais ont cette expression fataliste Shi kata ga nai face au destin implacable qui les frappe),pourtant ils agissent car au fond d ’eux même ils sont bouddhistes. Agir oui, mais attention aux préjugés, au conditionnement de l ’esprit, aux catégories stéréotypées. Le plus simple, le plus sage, est de ne rien faire et d ’attendre que la situation change par elle-même. Ainsi on n ’est sûr de ne pas réagir sous l ’impulsion de sentiments, de jugements négatifs. Si l ’on est sûr d ’être dans le vrai, alors allons-y droit devant, agissons pour que ça change !

De ce que vous faîtes, dites, pensez là, maintenant, dépend le futur.  Vous êtes acteur de votre propre vie. C ’est comme taper dans la peau d ’un tambour. La résonance  du son se transmet longtemps après le coup. Le karma c ’est l ’enchaînement, une cause → un effet. Un effet → une cause. Nos actes (actions, paroles et aussi pensées)  sont générateurs de  conséquences pour soi et pour les autres, et de ce fait ce qui arrive maintenant provient de nos actes passés qui ont été des causes. Tout est lié étroitement, c ’est l ’interdépendance dans cette vie et au delà, en acceptant la possibilité de la Réincarnation. Pour le Bouddhisme ce n ’est pas l ’âme qui se réincarne, mais une énergie colorée par le karma spécifique de chacun d ’entre nous. Nous avons tous une nature spécifique, une belle nature de Bouddha qui se révélera un jour libérée du karma.

Pour le karma collectif lié à l ’héritage génétique, géographique, à l ’environnement social il en va de même. On voit aujourd’hui les masses se soulever parce qu ’elles en ont la volonté. Les peuples veulent que ça changent, dans les pays arabes et un peu partout dans le monde. Il suffit pour s ’en rendre compte de suivre l ’actualité, c ’est effrayant mais il n ’y a pas de fatalité. Les différences entre les peuples sont autant d ’énergie, autant de Niyamas à comprendre et à adapter. Le terme Niyama dans les yoga sutra de Patanjali (400 ans Avant JC) signifie : répression, restriction, limitation ou pratique, observance.

C ’est notre monde avec ses différences , avec ses richesses, ses contraintes qui doit s ’adapter.

Daniel BukohoTen

Publicités

Une réflexion sur “La loi du karma ~ Daniel BukohoTen

  1. Bonjour, article très intéressant et qui me parle car très proche du bouddhisme Mahayana. je pense que la notion de karma, n’est pas forcément évidente à comprendre mais avec la mise en pratique dans la vie de tout les jours, le recul et le lâcher prise, on y accède plus facilement. Agir oui, mais avec un mental sans illusions, il faut travaillé son esprit aussi. :)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s